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Que le meilleur gagne !


Tout d'abord un grand merci à tous ceux et celles qui nous ont soutenu sur Ulule !


Le cadeau de Février : le coffret DVD Marx Brothers


Coffret Marx Brothers 5 DVD offert par JMVidéo :
- Les Noix de coco
- L'explorateur en folie
- Monnaie de singe
- Plumes de Cheval
- Soupe au Canard.

Le coffret sera attribué la semaine du 5 mars au meilleur joueur du mois (celui ayant eu la meilleure progression sur le mois de de février)



Les gagnants des mois précédents


- Avril 2011 : Piline6666 a gagné une place pour le film Morning Glory de Roger Michell.
- Mai 2011 : LordofPaname a gagné le DVD Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen.
- Juin 2011 : Bluemaster a gagné l'affiche de son choix chez Vidéosphère.
Il a choisi Taxi Driver de Martin Scorsese.
- Juillet 2011 : Rikian a gagné le DVD Je suis une légende de Francis Lawrence.
- Août 2011 : Tritristan a gagné 2 Pass Journée : 37e Festival du Cinéma Américain de Deauville.
- Septembre 2011 : Papounet, Cinemax, Mio et Dela01 ont gagné chacun 2 places pour le film Beauty d'Olivier Hermanus.
- Octobre 2011 : Osgood a gagné le DVD Je suis une légende de Francis Lawrence.
- Novembre 2011 : Tila, LordofPaname et Zampana ont gagné chacun 2 places pour le film
Or Noir de Jean-Jacques Annaud.
- Décembre 2011 : Raoul1989 a gagné un abonnement à Palmarès magazine : cadeau non réclamé et remis en jeu pour Janvier 2012
- Janvier 2012 : Proctopot a gagné un abonnement à Palmarès magazine


Le top 5 de la rédaction de Studio Ciné Live


Le Top 5 de la rédaction de Studio Ciné Live - Mars 2012

Le Top 5 de Studio Ciné Live mars 2012 - Les neiges du Kilimandjaro - Donoma - Shame - Les adoptés - Tous au Larzac

1 - Bullhead de Michäel R. Roskam (22 février)
1 - Chronicle deJOsh Trank (22 février)
3 - Martha Marcy May Marlene deSean Durkin (29 février)
4 - Je suis venu te dire... de Pierre-Henri Salfati (15 février)
5 - Hasta la vista de Geoffrey Enthoven (7 mars)

Un classique sinon rien...


Casablanca de Michael Curtiz avec Ingrid Bergman et Humphrey Bogart - 1942
In the mood for cinema - écrit par Sandra Mézière

Casablanca de Michael Curtiz
On ne présente plus Casablanca ni Rick Blaine (Humphrey Bogart), le mystérieux propriétaire du bigarré Café Américain. Nous sommes en 1942, à Casablanca, là où des milliers de réfugiés viennent et échouent des quatre coins de l'Europe, avec l'espoir fragile d'obtenir un visa pour pouvoir rejoindre les Etats-Unis. Casablanca est alors sous le contrôle du gouvernement de Vichy. Deux émissaires nazis porteurs de lettres de transit sont assassinés. Ugarte (Peter Lorre), un petit délinquant, les confie à Rick alors qu'il se fait arrêter dans son café. C'est le capitaine Renault (Claude Rains), ami et rival de Rick,
qui est chargé de l'enquête tandis qu'arrive à Casablanca un résistant du nom de Victor Laszlo (Paul Henreid). Il est accompagné de sa jeune épouse : la belle Ilsa (Ingrid Bergman). Rick reconnaît en elle la femme qu'il a passionnément aimée, à Paris, deux ans auparavant...

Casablanca est un film qui contient plusieurs films, plusieurs histoires potentielles esquissées ou abouties, plusieurs styles et tant de destins qui se croisent.

Plusieurs films d'abord. Casablanca est autant le portrait de cette ville éponyme, là où tant de nationalités, d'espoirs, de désespoirs se côtoient, là où l'on conspire, espère, meurt, là où la chaleur et l'exotisme ne font pas oublier qu'un conflit mondial se joue et qu'il est la seule raison pour laquelle des êtres si différents se retrouvent et parfois s'y perdent.

C'est ensuite évidemment l'histoire de la Résistance, celle de la collaboration, l'Histoire donc.

Et enfin une histoire d'amour sans doute une des plus belles qui ait été écrite pour le cinéma. De ces trois histoires résultent les différents genres auxquels appartient ce film : vibrante histoire d'amour avant tout évidemment, mais aussi comédie dramatique, film noir, mélodrame, thriller, film de guerre.

Peu importe le style auquel il appartient, ce qui compte c'est cette rare alchimie. Cette magie qui, 70 ans après, fait que ce film est toujours aussi palpitant et envoûtant.

Casablanca de Michael Curtiz


L'alchimie provient d'abord du personnage de Rick, de son ambiguïté. En apparence hautain, farouche individualiste, cynique, velléitaire, amer, il se glorifie ainsi de «ne jamais prendre parti», de «ne prendre de risque pour personne» et dit qu' «alcoolique» est sa nationalité ; il se révèle finalement patriote, chevaleresque, héroïque, déterminé, romantique. Evidemment Humphrey Bogart avec son charisme, avec son vieil imper ou son costume blanc (qui reflètent d'ailleurs le double visage du personnage), sa voix inimitable, sa démarche nonchalante, ses gestes lents et assurés lui apporte un supplément d'âme, ce mélange de sensibilité et de rudesse qui n'appartient qu'à lui. Un personnage aux mille visages, chacun l'appelant, le voyant aussi différemment. Auparavant surtout connu pour ses rôles de gangsters et de détectives, Humphrey Bogart était loin d'être le choix initial (il fut choisi après le refus définitif de George Raft) tout comme Ingrid Bergman d'ailleurs (Michèle Morgan, notamment, avait d'abord été contactée), de même que le réalisateur Michael Curtiz n'était pas le choix initial de la Warner qui était William Wyler. On imagine désormais mal comment il aurait pu en être autrement tant tous concourent à créer cette alchimie...

Ensuite cette alchimie provient évidemment du couple qu'il forme avec Ingrid Bergman qui irradie littéralement l'écran, fragile, romanesque, nostalgique, mélancolique notamment grâce à une photographie qui fait savamment briller ses yeux d'une tendre tristesse. Couple romantique par excellence puisque leur amour est rendu impossible par la présence du troisième personnage du triangle amoureux qui se bat pour la liberté, l'héroïque Victor Laszlo qui les place face à de cruels dilemmes : l'amour ou l'honneur. Leur histoire personnelle ou l'Histoire plus grande qu'eux qui tombent «amoureux quand le monde s'écroule». L'instant ou la postérité.

Et puis il y a tous ces personnages secondaires : Sam (Dooley Wilson), le capitaine Renault... chacun incarnant un visage de la Résistance, de la collaboration ou parfois une attitude plus ambiguë à l'image de ce monde écartelé, divisé dont Casablanca est l'incarnation.

Concourent aussi à cette rare alchimie ces dialogues, ciselés, qui, comme le personnage de Rick oscillent entre romantisme noir et humour acerbe : «de tous les bistrots, de toutes les villes du monde c'est le mien qu'elle a choisi». Et puis ces phrases qui reviennent régulièrement comme la musique de Sam, cette manière nonchalante, presque langoureuse que Rick a de dire «Here's looking at you, kid» .

Casablanca de Michael Curtiz


Et comme si cela n'était pas suffisant, la musique est là pour achever de nous envoûter. Cette musique réminiscence de ces brefs instants de bonheur à Paris, entre Rick et Ilsa, à «La Belle Aurore» quand l'ombre ne s'était pas encore abattue sur le destin et qu'il pouvait encore être une «belle aurore», ces souvenirs dans lesquels le « Play it again Sam » les replonge lorsque Ilsa implore Sam de rejouer ce morceau aussi célèbre que le film : «As time goes by» (la musique est signée Max Steiner mais «As time goes by» a été composée par Herman Hupfeld en 1931 même si c'est Casablanca qui l'a faîte réellement connaître).

Et puis il y a la ville de Casablanca d'une ensorcelante incandescence qui vibre, grouille, transpire sans cesse de tous ceux qui s'y croisent, vivent de faux-semblants et y jouent leurs destins : corrompus, réfugiés, nazis, collaborateurs...

Des scènes d'anthologie aussi ont fait entrer ce film dans la légende comme ce combat musical, cet acte de résistance en musique (les partisans des Alliés chantant la Marseillaise couvrant la voix des Allemands chantant Die Wacht am Rhein, et montrant au détour d'un plan un personnage changeant de camp par le chant qu'il choisit) d'une force dramatique et émotionnelle incontestable. Puis évidemment la fin que les acteurs ne connaissaient d'ailleurs pas au début et qui fut décidée au cours du tournage, cette fin qui fait de Casablanca sans doute une des trois plus belles histoires d'amour de l'histoire du cinéma. Le tournage commença ainsi sans scénario écrit et Ingrid Bergman ne savait alors pas avec qui son personnage partirait à la fin, ce qui donne aussi sans doute à son jeu cette intrigante ambigüité. Cette fin (jusqu'à laquelle l'incertitude est jubilatoire pour le spectateur) qui rend cette histoire d'amour intemporelle et éternelle. Qui marque le début d'une amitié et d'un engagement (le capitaine Renault jetant la bouteille de Vichy, symbole du régime qu'il représentait jusqu'alors) et est clairement en faveur de l'interventionnisme américain, une fin qui est aussi un sacrifice, un combat pour la liberté qui subliment l'histoire d'amour, exhalent et exaltent la force du souvenir («nous aurons toujours Paris») et sa beauté mélancolique.

La réalisation de Michael Curtiz est quant à elle élégante, sobre, passant d'un personnage à l'autre avec beaucoup d'habileté et de fluidité, ses beaux clairs-obscurs se faisant l'écho des zones d'ombre des personnages et des combats dans l'ombre et son style expressionniste donnant des airs de film noir à ce film tragique d'une beauté déchirante. Un film qui comme l'amour de Rick et Ilsa résiste au temps qui passe.

Casablanca de Michael Curtiz


Le tout concourant à ce romantisme désenchanté, cette lancinance nostalgique et à ce que ce film soit régulièrement classé comme un des meilleurs films du cinéma mondial. En 1944, il fut ainsi couronné de trois Oscars (meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, meilleur film) et l'American Film Institute, en 2007, l'a ainsi classé troisième des cents meilleurs films américains de l'Histoire derrière l'indétrônable Citizen Kane et derrière Le Parrain.

Le charme troublant de ce couple de cinéma mythique et le charisme ensorcelant de ceux qui les incarnent, la richesse des personnages secondaires, la cosmopolite Casablanca, la musique de Max Steiner, la voix de Sam douce et envoûtante chantant le nostalgique «As time goes by», la menace de la guerre lointaine et si présente, la force et la subtilité du scénario (signé Julius et Philip Epstein d'après la pièce de Murray Burnett et Joan Alison «Everybody comes to Rick's»), le dilemme moral, la fin sublime, l'exaltation nostalgique et mélancolique de la force du souvenir et de l'universalité de l'idéalisme (amoureux, résistant) et du combat pour la liberté font de ce film un chef d'œuvre...et un miracle quand on sait à quel point ses conditions de tournage furent désastreuses.

La magie du cinéma, tout simplement, comme le dit Lauren Bacall : «On a dit de Casablanca que c'était un film parfait évoquant l'amour, le patriotisme, le mystère et l'idéalisme avec une intégrité et une honnêteté que l'on trouve rarement au cinéma. Je suis d'accord. Des générations se plongeront dans le drame du Rick's Café Américain. Et au fil du temps, le charme de Casablanca, de Bogey et de Bergman continuera à nous ensorceler. C'est ça, la vraie magie du cinéma».

Un chef d'œuvre à voir absolument. A revoir inlassablement. Ne serait-ce que pour entendre Sam (Dooley Wilson)


Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle - 1958
JMVidéo, le lieu de rencontre des cinéphiles - écrit par Pauline Pécou

Ascenseur pour l'echafaud de Louis Malle
Adapté du roman de Noël Calef, ce film retrace l'histoire passionnelle de deux amants, Julien Tavernier (Maurice Ronet) et Florence Carala (Jeanne Moreau) qui ont mis au point l'assassinat d'un mari trop gênant , et riche homme d'affaires véreux, maquillé en suicide. Or le crime n'est pas parfait. Julien, qui a oublié une corde sur les lieux, reste enfermé dans un ascenseur alors qu'il tentait de la récupérer. Parallèlement, un couple de jeunes, Louis et Véronique, volent la voiture de Julien et usurpent son identité tandis que Florence erre dans Paris à la recherche de son amant.

Ascenseur pour l'échafaud se construit sur le montage alterné (Jean Trubert) entre ces trois parcours qui vont s'entrelacer de manière tragique. Hormis une référence aux Classiques comme Racine, ce film se démarque par sa modernité et par les thèmes chers à Louis Malle. Paris et ses alentours, les motels et les immeubles aux lignes géométriques, qui ressemblent étrangement à ceux du générique de La mort aux trousses, sont un peu rêvés. Tandis que la nuit vibre au rythme des enseignes lumineuses, la BO de Miles Davis sublime le désespoir et la solitude de Florence, qui est séparée de son amant pendant tout le film, lorsqu'elle traverse les Champs-Élysées - peut-être au détriment du dialogue.

Ascenseur pour l'echafaud de Louis Malle


Si les références au cinéma noir et aux mœurs américaines sont évidentes et si Louis Malle anticipe sur les années 1960 à travers le portrait d'une jeunesse de consommation et de marginaux de la bourgeoisie, il n'en demeure pas moins que le réalisateur dresse le témoignage d'une époque traumatisée par l'instabilité politique et les guerres (Indochine et Algérie).

Ascenseur pour l'échafaud est donc incontournable pour son fond et sa forme, pour sa modernité et pour le témoignage qu'il laisse. Alors, après la théorie, n'hésitez pas à passer à la pratique en visionnant ce film à la photographie impeccable (Henri Decae) dans lequel le charme de Jeanne Moreau est irrésistible et dans lequel le jazz de Miles Davis et de son quartet s'illustre pour sa virtuosité. Et si décidément vous preniez goût aux révisions, le DVD propose une interview de Louis Malle à ne pas rater.
Gagnant Janvier

Proctopot

a gagné 1 abonnement à

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